<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<!--Generated by Squarespace Site Server v5.0.0 (http://www.squarespace.com/) on Wed, 27 Aug 2008 23:54:21 GMT--><rss xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" version="2.0"><channel><title>Green Planet</title><link>http://steinack.squarespace.com/green-planet/</link><description></description><copyright></copyright><language>en-GB</language><generator>Squarespace Site Server v5.0.0 (http://www.squarespace.com/)</generator><item><title>Congrats to Al Gore</title><dc:creator>Karl Steinacker</dc:creator><pubDate>Sun, 28 Oct 2007 11:37:46 +0000</pubDate><link>http://steinack.squarespace.com/green-planet/2007/10/28/congrats-to-al-gore.html</link><guid isPermaLink="false">153182:1667004:1337506</guid><description><![CDATA[<p>&nbsp;Another uncomfortable truth.<br /></p><p><span class="full-image-float-none"><img alt="24-1.bmp" src="http://steinack.squarespace.com/storage/24-1.bmp?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1193571495509" style="width: 439px; height: 270px;" /></span>&nbsp;</p><p><span class="full-image-float-none"><img alt="24-2.bmp" src="http://steinack.squarespace.com/storage/24-2.bmp?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1193571579794" style="width: 436px; height: 199px;" /></span>&nbsp;</p><p>&nbsp;<span class="full-image-float-none"><img alt="24-3.bmp" src="http://steinack.squarespace.com/storage/24-3.bmp?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1193571644236" style="width: 439px; height: 201px;" /></span></p><p><span class="sizeLess20">UNOFFICIAL TRANSLATION:</span><span class="full-image-float-left"><img alt="cartoon_translation.bmp" src="http://steinack.squarespace.com/storage/cartoon_translation.bmp?__SQUARESPACE_CACHEVERSION=1193921016082" style="width: 444px; height: 133px;" /></span><br /></p>]]></description><wfw:commentRss>http://steinack.squarespace.com/green-planet/rss-comments-entry-1337506.xml</wfw:commentRss></item><item><title>Fear of a Green Planet!</title><dc:creator>Karl Steinacker</dc:creator><pubDate>Sat, 27 Oct 2007 21:15:30 +0000</pubDate><link>http://steinack.squarespace.com/green-planet/2007/10/27/fear-of-a-green-planet.html</link><guid isPermaLink="false">153182:1667004:1336922</guid><description><![CDATA[<div class="nada franklin padding10-hoba">  			  			<p>I had - as proposed by Maureen - a few entries on climate change on my original home page. When re-arranging my blog I accidentally deleted those entries.&nbsp; This is re-construction work!</p><p>This article from Le Monde diplomatique (June 2007) reveals an, indeed, inconveneant truth: biofuel might not be the solution to ever increasing CO2 emissions:&nbsp;</p><h2>Les cinq mythes de la transition vers les agrocarburants</h2>  			  			      	</div>  	  		<div class="crayon article-texte-14846"> 		 		 		 		<p>Biocarburants... Le mot &eacute;voque l&rsquo;image flatteuse d&rsquo;une &eacute;nergie renouvelable propre et in&eacute;puisable, une confiance dans la technologie et la puissance d&rsquo;un progr&egrave;s compatible avec la protection durable de l&rsquo;environnement. Il permet &agrave; l&rsquo;industrie, aux hommes et femmes politiques, &agrave; la Banque mondiale, aux Nations unies et m&ecirc;me au Groupe d&rsquo;experts intergouvernemental sur l&rsquo;&eacute;volution du climat (GIEC) de pr&eacute;senter les carburants fabriqu&eacute;s &agrave; partir du ma&iuml;s, de la canne &agrave; sucre, du soja et d&rsquo;autres cultures comme la prochaine &eacute;tape d&rsquo;une transition douce, du pic de la production p&eacute;troli&egrave;re &agrave; une &eacute;conomie &eacute;nerg&eacute;tique issue de ressources renouvelables, qui reste encore &agrave; d&eacute;finir.</p>  <p>Les programmes sont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; ambitieux. En Europe, il est pr&eacute;vu que ces combustibles issus de la biomasse couvrent 5,75&nbsp;% des besoins en carburants routiers en 2010 et 20&nbsp;% en 2020. Les Etats-Unis visent trente-cinq milliards de gallons&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb1" name="nh1" id="nh1" class="spip_note" rel="footnote" title="(1) 1 gallon américain équivaut à 3,785 litres.">1</a>) par an. Ces objectifs d&eacute;passent de loin les capacit&eacute;s de production de l&rsquo;agriculture des pays industrialis&eacute;s de l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re Nord. L&rsquo;Europe serait tenue de mobiliser 70&nbsp;% de ses terres arables pour tenir son pari&nbsp;; la totalit&eacute; des r&eacute;coltes de ma&iuml;s et de soja des Etats-Unis devrait &ecirc;tre transform&eacute;e en &eacute;thanol et en biodiesel. Une telle conversion mettrait sens dessus dessous le syst&egrave;me alimentaire des nations du Nord. Aussi les pays de l&rsquo;Organisation de coop&eacute;ration et de d&eacute;veloppement &eacute;conomiques (OCDE) s&rsquo;int&eacute;ressent-ils &agrave; l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re Sud pour couvrir leurs besoins.</p>  <p>L&rsquo;Indon&eacute;sie et la Malaisie accroissent rapidement leurs plantations de palmiers &agrave; huile pour &ecirc;tre capables d&rsquo;approvisionner le march&eacute; europ&eacute;en du biodiesel &agrave; hauteur de 20&nbsp;%. Au Br&eacute;sil &ndash; o&ugrave; la superficie de terres arables consacr&eacute;es aux cultures pour les carburants occupe d&eacute;j&agrave; une portion de territoire de la taille du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la Belgique, et du Luxembourg r&eacute;unis&nbsp;&ndash;, le gouvernement pr&eacute;voit de multiplier par cinq la superficie consacr&eacute;e &agrave; la canne &agrave; sucre. Son objectif est de remplacer 10&nbsp;% de la consommation mondiale d&rsquo;essence d&rsquo;ici &agrave; 2025.</p>  <p>La rapidit&eacute; &agrave; laquelle s&rsquo;op&egrave;rent la mobilisation des capitaux et la concentration de pouvoir au sein de l&rsquo;industrie des agrocarburants est stup&eacute;fiante. Sur les trois derni&egrave;res ann&eacute;es, les investissements de capital-risque y ont &eacute;t&eacute; multipli&eacute;s par huit. Les financements priv&eacute;s inondent les institutions publiques de recherche, comme l&rsquo;atteste le demi-milliard de dollars de subventions accord&eacute; par BP (ex-British Petroleum) &agrave; l&rsquo;universit&eacute; de Californie. Les grands groupes p&eacute;troliers, c&eacute;r&eacute;aliers, automobiles et d&rsquo;ing&eacute;nierie g&eacute;n&eacute;tique passent de puissants accords de partenariat&nbsp;: Archer Daniels Midland Company (ADM) et Monsanto, Chevron et Volkswagen, BP, DuPont et Toyota. Ces multinationales cherchent &agrave; concentrer leurs activit&eacute;s de recherche, de production, de transformation et de distribution relatives &agrave; nos syst&egrave;mes alimentaires et d&rsquo;approvisionnement en carburants.</p>  <p>Raison de plus pour que, avant de prendre le train en marche, les mythes sous-jacents &agrave; la transition vers les agrocarburants soient mis en pleine lumi&egrave;re.</p>  <p><strong>1. les agrocarburants sont propres  et prot&egrave;gent l&rsquo;environnement</strong></p>  <p>Parce que la photosynth&egrave;se mise &agrave; contribution pour ces cultures soustrait des gaz &agrave; effet de serre de l&rsquo;atmosph&egrave;re et que les agrocarburants peuvent r&eacute;duire la consommation d&rsquo;&eacute;nergie fossile, on pr&eacute;tend qu&rsquo;ils prot&egrave;gent l&rsquo;environnement. Lorsqu&rsquo;on analyse leur impact &laquo;&nbsp;du berceau &agrave; la tombe&nbsp;&raquo; &ndash; du d&eacute;frichage jusqu&rsquo;&agrave; leur utilisation dans les transports routiers &ndash;, les r&eacute;ductions limit&eacute;es d&rsquo;&eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre sont annul&eacute;es par celles beaucoup plus importantes dues &agrave; la d&eacute;forestation, aux incendies, au drainage des zones humides, aux pratiques culturales et aux perte de carbone du sol. Chaque tonne d&rsquo;huile de palme &eacute;met autant, sinon plus, de gaz carbonique que le p&eacute;trole&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb2" name="nh2" id="nh2" class="spip_note" rel="footnote" title="(2) George Monbiot, « If we want to save the planet, we need a five-year (...)">2</a>). L&rsquo;&eacute;thanol produit &agrave; partir de canne &agrave; sucre cultiv&eacute;e sur des for&ecirc;ts tropicales d&eacute;frich&eacute;es &eacute;met moiti&eacute; plus de gaz &agrave; effet de serre que la production et l&rsquo;utilisation de la quantit&eacute; &eacute;quivalente d&rsquo;essence&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb3" name="nh3" id="nh3" class="spip_note" rel="footnote" title="(3) The Washington Post, 25 mars 2007.">3</a>). Lorsqu&rsquo;il commente l&rsquo;&eacute;quilibre plan&eacute;taire du carbone, Doug Parr, responsable scientifique en chef de Greenpeace, d&eacute;clare cat&eacute;goriquement&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Si l&rsquo;on produisait seulement 5&nbsp;% de biocarburants en an&eacute;antissant des for&ecirc;ts primaires encore existantes, on perdrait la totalit&eacute; du gain sur le carbone.&nbsp;&raquo;</em></p>  <p>Les cultures industrielles destin&eacute;es aux carburants n&eacute;cessitent des &eacute;pandages massifs d&rsquo;engrais produits &agrave; partir du p&eacute;trole, dont la consommation mondiale &ndash; actuellement de 45&nbsp;millions de tonnes par an &ndash; a fait plus que doubler le niveau d&rsquo;azote biologiquement disponible sur la plan&egrave;te, contribuant ainsi fortement aux &eacute;missions d&rsquo;oxyde nitreux, un gaz &agrave; effet de serre dont le potentiel de r&eacute;chauffement global est trois cents fois plus &eacute;lev&eacute; que celui du CO2 [<em>dioxyde de carbone</em>]. Dans les r&eacute;gions tropicales &ndash; d&rsquo;o&ugrave; la plus grande part des agrocarburants seront bient&ocirc;t issus&nbsp;&ndash;, les engrais chimiques ont dix &agrave; cent fois plus d&rsquo;effet sur le r&eacute;chauffement plan&eacute;taire que dans les r&eacute;gions temp&eacute;r&eacute;es&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb4" name="nh4" id="nh4" class="spip_note" rel="footnote" title="(4) Miguel Altieri et Elizabeth Bravo, « The ecological and social tragedy (...)">4</a>).</p>  <p>Obtenir un litre d&rsquo;&eacute;thanol requiert trois &agrave; cinq litres d&rsquo;eau d&rsquo;irrigation et produit jusqu&rsquo;&agrave; treize litres d&rsquo;eau us&eacute;e. Il faut l&rsquo;&eacute;quivalent &eacute;nerg&eacute;tique de cent treize litres de gaz naturel pour traiter ces eaux us&eacute;es, ce qui augmente la probabilit&eacute; qu&rsquo;elles soient tout simplement rel&acirc;ch&eacute;es dans l&rsquo;environnement en polluant les rivi&egrave;res, les fleuves et les nappes phr&eacute;atiques&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb5" name="nh5" id="nh5" class="spip_note" rel="footnote" title="(5) The Ecologist, Londres, mai 2007.">5</a>). L&rsquo;intensification des cultures &eacute;nerg&eacute;tiques pour les carburants a aussi pour cons&eacute;quences d&rsquo;aggraver le rythme de l&rsquo;&eacute;rosion des sols, en particulier dans le cas de la production du soja &ndash; 6,5&nbsp;tonnes par hectare et par an aux Etats Unis&nbsp;; jusqu&rsquo;&agrave; 12&nbsp;tonnes au Br&eacute;sil et en Argentine.</p>  <p><strong>2. les agrocarburants n&rsquo;entra&icirc;nent pas de d&eacute;forestation</strong></p>  <p>Les promoteurs des agrocarburants soutiennent que les cultures effectu&eacute;es sur des terres &eacute;cologiquement d&eacute;grad&eacute;es am&eacute;lioreront l&rsquo;environnement. Peut-&ecirc;tre le gouvernement br&eacute;silien avait-il cela en t&ecirc;te quand il a requalifi&eacute; quelque 200&nbsp;millions d&rsquo;hectares de for&ecirc;ts tropicales s&egrave;ches, prairies et marais, en &laquo;&nbsp;terres d&eacute;grad&eacute;es&nbsp;&raquo; et aptes &agrave; la culture&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb6" name="nh6" id="nh6" class="spip_note" rel="footnote" title="(6) « Plano Nacional de Agroenergia 2006-2011 », dans Camila Moreno, « (...)">6</a>). En r&eacute;alit&eacute;, il s&rsquo;agissait d&rsquo;&eacute;cosyst&egrave;mes d&rsquo;une grande biodiversit&eacute; dans les r&eacute;gions du Mata Atlántica, du Cerrado et du Pantanal, occup&eacute;es par des populations indig&egrave;nes, des paysans pauvres et de grandes exploitations d&rsquo;&eacute;levage extensif de bovins.</p>  <p>L&rsquo;introduction de cultures destin&eacute;es aux agrocarburants aura tout simplement pour r&eacute;sultat de repousser ces communaut&eacute;s vers la &laquo;&nbsp;fronti&egrave;re agricole&nbsp;&raquo; de l&rsquo;Amazonie, l&agrave; o&ugrave; les modes d&eacute;vastateurs de d&eacute;frichement sont trop bien connus. Le soja fournit d&eacute;j&agrave; 40&nbsp;% des agrocarburants du Br&eacute;sil. Selon la national Aeronautics and Space Administration (NASA), plus les prix du soja grimpent, plus s&rsquo;acc&eacute;l&egrave;re la destruction de la for&ecirc;t humide de l&rsquo;Amazonie &ndash; 325&nbsp;000&nbsp;hectares par an, au rythme actuel.</p>  <p>En Indon&eacute;sie, les plantations de palmiers &agrave; huile destin&eacute;s &agrave; la production de biodiesel &ndash; appel&eacute; &laquo;&nbsp;diesel de la d&eacute;forestation&nbsp;&raquo; &ndash; sont la principale cause du recul de la for&ecirc;t. Vers 2020, ces surfaces y auront tripl&eacute;, pour atteindre 16,5&nbsp;millions d&rsquo;hectares &ndash; l&rsquo;Angleterre et le Pays de Galle r&eacute;unis &ndash;, avec comme r&eacute;sultat une perte de 98&nbsp;% du couvert forestier&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb7" name="nh7" id="nh7" class="spip_note" rel="footnote" title="(7) The Ecologist, ibid.">7</a>). La Malaisie voisine, premier producteur mondial d&rsquo;huile de palme, a d&eacute;j&agrave; perdu 87&nbsp;% de ses for&ecirc;ts tropicales et continue &agrave; les d&eacute;fricher &agrave; un rythme de 7&nbsp;% par an.</p>  <p><strong>3. les agrocarburants permettront le d&eacute;veloppement rural</strong></p>  <p>Sous les tropiques, 100&nbsp;hectares d&eacute;di&eacute;s &agrave; l&rsquo;agriculture familiale cr&eacute;ent trente-cinq emplois&nbsp;; les palmiers &agrave; huile et la canne &agrave; sucre dix, les eucalyptus deux, le soja &agrave; peine un demi. Jusqu&rsquo;&agrave; r&eacute;cemment, les agrocarburants desservaient principalement des march&eacute;s locaux et sous-r&eacute;gionaux. M&ecirc;me aux Etats-Unis, la plupart des usines de production d&rsquo;&eacute;thanol, de taille relativement modeste, appartenaient aux agriculteurs. Avec le boom actuel, la grande industrie entre dans le jeu, cr&eacute;ant des &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;chelles gigantesques et centralisant l&rsquo;exploitation.</p>  <p>Les groupes p&eacute;troliers, c&eacute;r&eacute;aliers, et les producteurs de cultures transg&eacute;niques renforcent leur pr&eacute;sence sur toute la cha&icirc;ne de valeur ajout&eacute;e des agrocarburants. Cargill et ADM contr&ocirc;lent 65&nbsp;% du march&eacute; mondial des c&eacute;r&eacute;ales&nbsp;; Monsanto et Sygenta dominent le march&eacute; des produits g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;s. Pour leurs semences, leurs intrants, les services, les transformations et la vente de leurs produits, les paysans cultivant pour les agrocarburants seront de plus en plus d&eacute;pendants d&rsquo;une alliance de soci&eacute;t&eacute;s fortement organis&eacute;es. Il est peu probable qu&rsquo;ils en tirent des b&eacute;n&eacute;fices&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb8" name="nh8" id="nh8" class="spip_note" rel="footnote" title="(8) Annie Dufey, « International trade in biofuels : Good for development ? (...)">8</a>). Plus vraisemblablement, les petits exploitants agricoles seront expuls&eacute;s du march&eacute; et de leurs terres. Des centaines de milliers ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; d&eacute;plac&eacute;s dans la &laquo;&nbsp;r&eacute;publique du soja&nbsp;&raquo;, une r&eacute;gion de plus de 50&nbsp;millions d&rsquo;hectares couvrant le sud du Br&eacute;sil, le nord de l&rsquo;Argentine, le Paraguay et l&rsquo;est de la Bolivie&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb9" name="nh9" id="nh9" class="spip_note" rel="footnote" title="(9) Elizabeth Bravo, « Biocombustibles, cutlivos energéticos y soberanía (...)">9</a>).</p>  <p><strong>4. les agrocarburants ne causeront pas  la faim</strong></p>  <p>Selon la Food and Agricultural Organization (FAO), il y a assez de nourriture dans le monde pour alimenter tous les habitants avec une ration journali&egrave;re de 2&nbsp;200&nbsp;calories sous forme de fruits frais et secs, de l&eacute;gumes, de produits laitiers et de viande. Pourtant, parce qu&rsquo;elles sont pauvres, 824&nbsp;millions de personnes continuent &agrave; souffrir de la faim. Or, la transition qui s&rsquo;annonce met en concurrence la production alimentaire et celle de carburants dans l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; la terre, &agrave; l&rsquo;eau et aux ressources. Un exemple concret en est actuellement donn&eacute; au Mexique. Ses barri&egrave;res douani&egrave;res ayant &eacute;t&eacute; d&eacute;mantel&eacute;es dans le cadre de l&rsquo;Accord de libre-&eacute;change nord-am&eacute;ricain (Alena)&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb10" name="nh10" id="nh10" class="spip_note" rel="footnote" title="(10) L'Alena regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.">10</a>), le Mexique importe d&eacute;sormais 30&nbsp;% de son ma&iuml;s des Etats-Unis&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb11" name="nh11" id="nh11" class="spip_note" rel="footnote" title="(11) Depuis l'entrée en vigueur de l'Alena, l'agriculture mexicaine, qui (...)">11</a>). La croissante demande d&rsquo;&eacute;thanol dans ce pays a provoqu&eacute; une &eacute;norme pression sur le prix de cette c&eacute;r&eacute;ale, qui est mont&eacute;, en f&eacute;vrier 2007, &agrave; son plus haut niveau en dix ans, provoquant une augmentation dramatique du prix de la tortilla &ndash; plat de base de la population mexicaine. Confront&eacute; aux manifestations de m&eacute;contentement d&rsquo;une population pauvre frapp&eacute;e &agrave; l&rsquo;estomac, le gouvernement de M.&nbsp;Felipe Calderón, au terme d&rsquo;une r&eacute;union avec les transnationales de l&rsquo;industrialisation et de la distribution, a d&ucirc; limiter l&rsquo;augmentation du prix de la tortilla &agrave; 40&nbsp;% jusqu&rsquo;en ao&ucirc;t prochain.</p>  <p>Profitant de la conjoncture, le Centre d&rsquo;&eacute;tudes &eacute;conomiques du secteur priv&eacute; (CEESP) a publi&eacute; une s&eacute;rie d&rsquo;&laquo;&nbsp;&eacute;tudes&nbsp;&raquo; affirmant que la sortie de crise, pour le Mexique, passe par la production de ma&iuml;s pour agrocombustibles et que celui-ci <em>&laquo;&nbsp;doit &ecirc;tre transg&eacute;nique</em>&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb12" name="nh12" id="nh12" class="spip_note" rel="footnote" title="(12) Silvia Ribeiro, ALAI-Amlatina, Quito, 17 mai 2007, http://alainet.org">12</a>)<em>&nbsp;&raquo;.</em></p>  <p>A l&rsquo;&eacute;chelle de la plan&egrave;te, les personnes les plus pauvres d&eacute;pensent d&eacute;j&agrave; 50 &agrave; 80&nbsp;% de leur revenu familial pour leur alimentation. Elles souffrent quand les prix &eacute;lev&eacute;s des cultures pour carburants font monter le prix des aliments. L&rsquo;International Food Policy Research Institute (Ifpri, Institut international de recherche sur les politiques de l&rsquo;alimentation) de Washington a estim&eacute; que le prix des aliments de base s&rsquo;accro&icirc;tra de 20&nbsp;% &agrave; 33&nbsp;% en 2010 et de 26&nbsp;% &agrave; 135&nbsp;% en 2020. Or, chaque fois que le co&ucirc;t de la nourriture augmente de 1&nbsp;%, 16&nbsp;millions de personnes tombent dans l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; alimentaire. Si la tendance actuelle continue, 1,2&nbsp;milliard d&rsquo;habitants pourraient souffrir chroniquement de la faim en 2025&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb13" name="nh13" id="nh13" class="spip_note" rel="footnote" title="(13) C. Ford Runge et Benjamin Senauer, « How biofuels could starve the poor (...)">13</a>). Dans ce cas, l&rsquo;aide alimentaire internationale ne sera probablement pas d&rsquo;un grand secours, nos surplus agricoles allant... dans nos r&eacute;servoirs d&rsquo;essence.</p>  <p><strong>5. les agrocarburants de &laquo;&nbsp;deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration&nbsp;&raquo; sont &agrave; port&eacute;e de main</strong></p>  <p>Les promoteurs des agrocarburants aiment &agrave; rassurer les sceptiques en affirmant que ces derniers, actuellement produits &agrave; partir de cultures vivri&egrave;res, seront bient&ocirc;t remplac&eacute;s par d&rsquo;autres plus compatibles avec l&rsquo;environnement, comme des arbres &agrave; pousse rapide et le <em>panicum virgatum</em> (gramin&eacute;e dont la touffe de feuillage atteint 1,80&nbsp;m&egrave;tre de haut). Cela leur permet de rendre plus acceptables les agrocarburants de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration.</p>  <p>Savoir quelles cultures seront transform&eacute;es en carburant n&rsquo;est pas pertinent. Les plantes sauvages n&rsquo;auront pas une moindre &laquo;&nbsp;empreinte environnementale&nbsp;&raquo; car leur commercialisation transformera leur &eacute;cologie. Cultiv&eacute;es de fa&ccedil;on intensive, elles migreront rapidement des haies et des terrains bois&eacute;s vers les terres arables &ndash; avec les cons&eacute;quences environnementales associ&eacute;es.</p>  <p>L&rsquo;industrie vise &agrave; produire des plantes cellulosiques, g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;es &ndash; en particulier des arbres &agrave; croissance rapide&nbsp;&ndash;, qui se d&eacute;composeraient facilement pour lib&eacute;rer des sucres. Compte tenu de l&rsquo;aptitude &agrave; la diss&eacute;mination d&eacute;j&agrave; d&eacute;montr&eacute;e des culture g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;es, on peut s&rsquo;attendre &agrave; des contaminations massives.</p>  <p>Toute technologie dont le potentiel permet d&rsquo;&eacute;viter les pires impacts du changement climatique doit &ecirc;tre commercialis&eacute;e &agrave; grande &eacute;chelle dans les cinq &agrave; huit ans qui viennent. Perspective tr&egrave;s peu probable dans le cas de l&rsquo;&eacute;thanol issu de la cellulose, produit qui, jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, n&rsquo;a d&eacute;montr&eacute; aucune r&eacute;duction d&rsquo;&eacute;mission de carbone&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb14" name="nh14" id="nh14" class="spip_note" rel="footnote" title="(14) En faire un produit vert et viable n'est pas simplement un problème (...)">14</a>). L&rsquo;industrie des agrocarburants est en train de parier sur des miracles.</p>  <p>L&rsquo;Agence internationale de l&rsquo;&eacute;nergie estime que, dans les vingt-trois ans &agrave; venir, le monde pourrait fabriquer jusqu&rsquo;&agrave; 147&nbsp;millions de tonnes d&rsquo;agrocarburants&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb15" name="nh15" id="nh15" class="spip_note" rel="footnote" title="(15) www.iea.org/Textbase/subjectqueries...">15</a>). Un tel volume produira beaucoup de carbone, d&rsquo;oxyde nitreux, d&rsquo;&eacute;rosion, et plus de 2 milliards de tonnes d&rsquo;eaux us&eacute;es. Aussi &eacute;tonnant que cela puisse para&icirc;tre, il ne compensera que l&rsquo;accroissement annuel de la demande mondiale de p&eacute;trole, actuellement &eacute;valu&eacute;e &agrave; 136&nbsp;millions de tonnes par an. Le jeu en vaut-il la chandelle&nbsp;?</p>  <p>Pour les grandes soci&eacute;t&eacute;s c&eacute;r&eacute;ali&egrave;res, certainement. Qu&rsquo;elles s&rsquo;appellent ADM, Cargill ou Bunge, elles sont les piliers de l&rsquo;agroalimentaire. elles sont entour&eacute;es d&rsquo;une cohorte tout aussi puissante de transformateurs de mati&egrave;res premi&egrave;res et de distributeurs, eux-m&ecirc;mes associ&eacute;s &agrave; des cha&icirc;nes de supermarch&eacute;s d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; et, de l&rsquo;autre, aux soci&eacute;t&eacute;s de l&rsquo;agrochimie, des semences et du machinisme agricole. Sur 5&nbsp;dollars consomm&eacute;s pour la nourriture, 4&nbsp;dollars correspondent &agrave; l&rsquo;activit&eacute; de l&rsquo;ensemble de ces soci&eacute;t&eacute;s. Or, depuis un certain temps, la partie production a souffert d&rsquo;une &laquo;&nbsp;involution&nbsp;&raquo;&nbsp;: des quantit&eacute;s croissantes d&rsquo;investissements (intrants chimiques, ing&eacute;nierie g&eacute;n&eacute;tique et machinisme) n&rsquo;ayant pas augment&eacute; les taux de productivit&eacute; de l&rsquo;agriculture, le complexe agroalimentaire doit d&eacute;penser plus pour r&eacute;colter moins.</p>  <p>Les agrocarburants sont la r&eacute;ponse parfaite &agrave; cette involution. Subventionn&eacute;s et en phase de croissance alors que le p&eacute;trole recule, ils facilitent la concentration entre les mains des acteurs les plus puissants des industries de l&rsquo;alimentation et de l&rsquo;&eacute;nergie.</p>  <p>Malheureusement, la transition vers les agrocarburants souffre d&rsquo;une tare cong&eacute;nitale. Ceux-ci entrent en comp&eacute;tition avec la nourriture pour les terres, pour l&rsquo;eau et pour les ressources. D&eacute;velopp&eacute;s &agrave; leur extr&ecirc;me, ils seront utilis&eacute;s pour produire... des agrocarburants. Une proposition path&eacute;tique au point de vue thermodynamique. Ils nous obligent &agrave; vivre au-dessus de nos moyens. &laquo;&nbsp;Renouvelable&nbsp;&raquo; ne veut en effet pas dire &laquo;&nbsp;sans limites&nbsp;&raquo;. M&ecirc;me si les cultures peuvent &ecirc;tre replant&eacute;es, la terre, l&rsquo;eau et les nutriments demeurent limit&eacute;s.</p>  <p>En fait, l&rsquo;attractivit&eacute; de ces biocombustibles r&eacute;side dans le fait qu&rsquo;ils pourraient prolonger l&rsquo;&eacute;conomie fond&eacute;e sur le p&eacute;trole. Avec une estimation de quelque 1&nbsp;000&nbsp;milliards de barils de r&eacute;serves mondiales restantes de p&eacute;trole conventionnel, un baril de p&eacute;trole &agrave; 100&nbsp;dollars n&rsquo;est pas loin&nbsp;(<a href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846#nb16" name="nh16" id="nh16" class="spip_note" rel="footnote" title="(16) Caroline Lucas (sous la dir. de), « Fuelling a food crisis : The impact (...)">16</a>). Et plus le prix du p&eacute;trole sera &eacute;lev&eacute;, plus le prix de revient de l&rsquo;&eacute;thanol pourra s&rsquo;accro&icirc;tre tout en restant comp&eacute;titif. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&agrave; que r&eacute;side la contradiction pour les agrocarburants de deuxi&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration&nbsp;: au fur et &agrave; mesure que le co&ucirc;t des hydrocarbures augmente, les agrocarburants de premi&egrave;re g&eacute;n&eacute;ration deviennent plus rentables, d&eacute;courageant ainsi d&rsquo;investir dans le d&eacute;veloppement de ceux qui pourraient leur succ&eacute;der. Si le p&eacute;trole atteint 80&nbsp;dollars par baril, les producteurs d&rsquo;&eacute;thanol peuvent se permettre de payer au-del&agrave; de 5&nbsp;dollars le boisseau (environ 127&nbsp;kg) de ma&iuml;s, le rendant ainsi comp&eacute;titif y compris vis-&agrave;-vis de la canne &agrave; sucre. La crise &eacute;nerg&eacute;tique mondiale est potentiellement un pactole de 80&nbsp;000&nbsp;milliards &agrave; 100&nbsp;000&nbsp;milliards de dollars pour les groupes alimentaires et p&eacute;troliers. Pas &eacute;tonnant que nous ne soyons pas incit&eacute;s &agrave; d&eacute;roger &agrave; nos habitudes de &laquo;&nbsp;surconsommation&nbsp;&raquo;.</p>  <p>La transition vers les agrocarburants n&rsquo;a rien d&rsquo;in&eacute;vitable. Nombre de solutions de remplacement locales men&eacute;es avec succ&egrave;s sur le terrain, tout en &eacute;tant efficaces au niveau &eacute;nerg&eacute;tique et en restant centr&eacute;es sur les besoins des habitants, sont d&eacute;j&agrave; op&eacute;rationnelles pour produire de la nourriture et de l&rsquo;&eacute;nergie sans menacer l&rsquo;environnement, ou les moyens d&rsquo;existence.</p>  <p>Aux Etats-Unis, des dizaines de petites coop&eacute;ratives locales produisent du biodiesel &ndash; souvent &agrave; partir d&rsquo;huile v&eacute;g&eacute;tale recycl&eacute;e. La majorit&eacute; des coop&eacute;ratives d&rsquo;&eacute;thanol du Middle West sont &ndash; pour le moment &ndash; entre les mains des agriculteurs locaux. De m&ecirc;me, ceux-ci poss&egrave;dent pr&egrave;s des trois quarts des raffineries d&rsquo;&eacute;thanol du Minnesota, et d&rsquo;importantes subventions leur ont &eacute;t&eacute; attribu&eacute;es.</p>  <p>Il serait inacceptable pour les pays du nord de d&eacute;placer le fardeau de leur surconsommation vers le sud de la plan&egrave;te tout simplement parce que les pays intertropicaux b&eacute;n&eacute;ficient de plus de soleil, de pluie et de terres arables.</p> 		 		</div>  		 		<h4 class="signature">Eric Holtz-Gim&eacute;nez</h4><h4 class="signature">www.monde-diplomatique.fr/2007/06/HOLTZ_GIMENEZ/14846&nbsp;</h4>]]></description><wfw:commentRss>http://steinack.squarespace.com/green-planet/rss-comments-entry-1336922.xml</wfw:commentRss></item></channel></rss>